Qu'est-ce que c'est ?
date: 2009-11-22 16:06:30

Lalettrephoto, conçue initialement comme une recension subjective des ressources photo en ligne, évolue. Après 22 numéros, le projet prend une nouvelle orientation et tente d'accentuer le croisement de la photographie et de l'écriture depuis l'Internet, en développant trois rubriques :
- les notes : dans la continuité de l'existant, il s'agit là de commenter des ressources photos disponibles en ligne; ces notes tiennent de l'exploration d'un rapport subjectif à l'image photographique, ou de formes empreintes de photographie, qui trouverait à se formaliser dans l'écriture.
- les citations: assemblage de photos, d'extraits de travaux de photographes, avec l'idée que ce montage fabrique un composé en perpétuelle évolution. L'hypertexte, propre au web, est à la fois le moteur et l'outil de ces citations d'images - hyperimages. “Les citations dans mon travail sont pareilles à des brigands armés qui débouchent du chemin et dépouillent le flâneur de sa conviction” Walter Benajmin.
- l'opérateur : tentative de description de l'acte d'opérer en photographie, en ce que cela contient une part propice à l'écriture.

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Patrice Normand
date: 2009-11-20 16:49:59
Eugène Atget
date: 2009-11-20 16:49:59
Michael Kenna
date: 2009-11-20 16:49:59
intermédiaire
date: 2009-11-14 19:02:28
Mon père n'aimait pas les voyages, pas même ceux que l'on fait le temps d'un week-end prolongé. Ça l'énervait de se retrouver pris dans les bouchons, de se retrouver coude à coude, pare-choc contre pare-choc, avec ceux qu'il voyait tous les jours. Enfin passons, ce n'est pas la plus important. Cette année-là, ma mère avait réussi à imposer, en douceur comme d'habitude, l'idée d'une semaine en Bretagne, dans le golf du Morbihan plus exactement. Je n'ai pas beaucoup de souvenir de vacances en famille, pas seulement parce qu'on ne partait pas souvent, mais plutôt parce que moi, les vacances j'ai jamais bien aimé ça.


En tout cas, cet été là, celui de la photo, celui de l'élection de François Mitterrand - papa disait qu'il changerait la France cet homme-là ! - je m'en souviens parce qu'il y a eu cette photo. L'identité de celui qui a fait cette photo est un mystère. Mes parents n'avaient pas d'appareil photo à cette époque, donc impossible que ce soit eux qui l'aient faite. Longtemps cette image est restée muette, aucun discours familial n'y faisait référence, et il n'y a pas si longtemps que je l'ai ressorti de la boîte en carton où elle dormait depuis de nombreuses années. Quand je questionnais ma mère à son sujet, rien de clair ne sortait de sa bouche. Elle évoquait des souvenirs qui ne coïncidaient pas avec les miens.


Lorsque mon père est mort, maman a rencontré Philippe, et peu de temps après, ils décidèrent de vivre ensemble. Lors du déménagement de Philippe chez nous, j'ai trouvé une photo qui dépassait d'un carton. Je l'ai ramassé machinalement. Je n'ai pas mis très longtemps à la rapprocher de la photo de l'été 81, celle qui a marqué mon été. Identiques, ces deux photos étaient en fait deux tirages d'un même cliché. Je m'y reconnaissais dans l'eau à m'amuser avec Maxime mon jeune frère. J'appris alors que ce n'était pas Maxime, mais la fille de Philippe, mon beau-père.
L'auteur de la photo, c'était lui. Ma mère finit par avouer qu'elle avait organisé ces vacances à Auray dans le seul but d'y retrouver son collègue de travail, Philippe. Ils avaient concocté ce séjour, chacun de leurs côtés pour se retrouver ensemble quelques heures par jour sur la même plage, dans le plus grand silence de leur liaison.


Mon père n'en aura jamais rien su. Et moi, à chaque fois que je regarde cette photo, je me sens un peu coupable d'avoir été, par photo interposée, le lien de deux amants.
John Lehr
date: 2009-11-14 18:26:11
Ed Panar
date: 2009-11-14 18:26:11
Anna Fox
date: 2009-11-08 18:57:00
preuve
date: 2009-11-08 15:49:15
L'association du tourisme et de la charité produit un composé un peu particulier. La fondation Habitat for Humanity, dont le but est de lutter contre l'habitat insalubre dans le monde, n'a pas trouvé mieux pour concrétiser son action que réaliser le Global Village and Discovery Center, un parc de loisir thématisé sur l'habitat pauvre, dans la ville d'Americus en Géorgie. C'est donc par l'expérience spatiale propre à la déambulation touristique qu'est censé se constituer une sensibilisation à la cause, preuves à l'appui.
C'est de la fabrication de ces preuves que les photographes Andrea Robbins et Max Becher nous entretiennent dans la série Global Village. La baraque en tôles et planches en bois est une forme installée dans la représentation de la pauvreté, notamment par le travail de commande gouvernemental américain de la Farm Security Administration dont Walker Ewans et Dorothea Lange sont deux figures fortes. A tel point qu'on peut s'interroger sur la pertinence du témoignage spatiale, sur ce que la visite de ce parc est à même de fabriquer si ce n'est un réel neutralisé et dont l'effet a toutes les chances d'être dévié. Le travail de Robbins et Becher, consacré à la similitude et au générique dans le contexte global, trouve dans le Global Village une occurrence particulière, construit sur un matériau pétri par l'image photographique, et dont la perception est - avant tout - une affaire visuelle.


http://www.robbinsbecher.com/GlobalVillage.html
Carole Fontaine
date: 2009-11-03 18:34:05
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